* martine camillieri

Touche pas à Rita

1991 - Touche pas à Rita - roman

Martine Camillieri - Éditions Belfond - épuisé

Le quotidien de Paris : Le roman de Martine Camillieri "pue" littéralement la misère et la rage de vivre de ces Farid, Rita et autres Vijlenko. Depuis la cour de ce triste immeuble, elle dresse ainsi le portrait du racisme vécu au quotidien, son vocabulaire souvent violent, évoque avec acuité toute la haine engendrée par les cohabitations de ces races différentes mais égales dans la pauvreté. Pour un premier roman, Martine Camillieri a misé fort. Mais la donne fut bonne. On attend maintenant la suivante. Stéphanie Roche (Le Quotidien de Paris).

Ce qui attire le plus chez Martine Camillieri, auteur de Touche pas à Rita (Belfond), c'est moins l'histoire qu'elle raconte, que son langage plein de verve et de succulence. Le milieu est celui d'un quartier populeux
... de Paris réduit à une cour où se côtoient des hommes et des femmes de toutes les provenances possible et imaginables. On n'y parle pas un français qui existe vraiment, mais un joyeux mélange, avec de expressions prises Dieu sait où par des immigrés, des gavroches, des voyous et des gens innommables dont le seul salut est d'intervertir les syllabes pour se faire remarquer. Il en résulte des dialogues désopilants, des raccourcis superbes, des situations, ou folles, ou d'une profonde hilarité (Le Quotidien de Paris - Supplément littérature).

... Toute cette histoire est contée dans le langage des protagonistes : le poétique verlan du jeune immigré et l'affreux parler "beauf" du chauffeur. Martine Camillieri a su recréer tout un univers de la rue, avec ses caricatures et ses tics, qui font de ce premier roman une réussite. Régis Saint Gilles (Le Figaro).

Les scènes s'interprètent, quitte à se débarrasser trop rapidement des personnages. Plus qu'un roman, il s'agit d'une chronique, dans la lignée d'Eugène Dabit et de Charles-Louis Philippe. Elle peut se résumer à cette formule : "Sans famille. Hérisson jeune, vingt-deux ans, aimerait lier amitié sincère, avec... Salopes s'abstenir". D'habitude, ce genre ne donne que des Cavanna. À suivre, de toutes façons. Alain Bosquet (Premiers romans, Sept auteurs en quête d'eux-mêmes - Figaro littéraire).

Ce livre a été sélectionné parmi les 7 jeunes espoir du premier roman par le supplément littérature du Quotidien de Paris (13-03-1991) et par le Figaro Littéraire (02-1991) / Classé "Découverte" par le journal LU de la Fnac.